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jeudi 8 décembre 2016
Le commandant Duval, communard dont la mémoire est attachée à Clamart.
Le 25 novembre 1944, le conseil municipal donna le nom de "Commandant Duval" à une rue située dans le quartier Trivaux. Pour la plupart des Clamartois celui-ci est un parfait inconnu. C’est pourtant avec fierté et reconnaissance que nous saluons la mémoire d’Emile Victor Duval (1841-1871). Dès 1864, il fut un infatigable animateur du mouvement ouvrier parisien. Précurseur du syndicalisme, il créa des associations mutualistes. Fondeur, il organisa inlassablement sa branche professionnelle. Au début de l’année 1870, il anima, durant 4 mois, une grève des fondeurs qui se termina victorieusement. Parallèlement, il rejoignit le mouvement de Blanqui, ce républicain révolutionnaire qui, avant Marx, se réclama du communisme, puis en 1867, s’inscrivit à la première Internationale ouvrière. Meneur d’hommes, Duval participa activement au renversement de l’Empire et à l’instauration de la République, le 4 septembre 1870 et accéda à de hautes fonctions dans la Garde nationale. Il fut l’un des instigateurs, le 18 mars 1870 de la proclamation de la Commune où il exerça de hautes responsabilités militaires. Il fut nommé, le 3 avril, général. Le lendemain il dirige une des trois colonnes qui marchent contre Versailles. Encerclé entre Châtillon et Villacoublay, il est fait prisonnier. En dépit des promesses qui avaient été faites, le 4 avril 1871, il est fusillé sur place, au carrefour du Petit Bicêtre, actuellement rond point du Petit Clamart, contre le mur d’un horticulteur, en criant "Vive la Commune".
Emile Duval, général de la commune, brochure des » amis de la Commmune de Paris 1871Emile Victor Duval, dessin anonyme.
Du village à la ville, Clamart de 1840 à nos jours Alfed rastoul p 67
lire aussi une longue notice ici : http://www.gauchemip.org/spip.php?article8013
samedi 22 octobre 2016
Une forte personnalité ignorée par Clamart où elle vécut, PAULETTE NARDAL
C'est par un mail d'une journaliste de France Ô au service des archives de Clamart, demandant des renseignements sur le passé clamartois de Paulette Nardal, que cette martiniquaise petite fille d'esclave, sort enfin de son complet anonymat chez nous. Cela en dit long sur la capacité d'indifférence et d'étanchéité de la bonne société clamartoise pour toute personne étrangère dans les années 1920-1930.portrait de P. Nardal, auteur inconnu.
Pourtant, ce fut vraiment une personne remarquable.
En 1920, elle fut la première femme noire à s'inscrire à la Sorbonne où elle obtint une licence d'Anglais. On ne sait pas quand exactement elle s'installa à Clamart, près de la gare, 7 rue Hébert. Son appartement, qu'elle occupait avec certaines de ses 7 sœurs, devint très vite un salon de rencontre d'intellectuels noirs, tant francophones qu'anglophones. Elle créa La Revue du Monde Noir, une revue bilingue et tribune noire qui précéda et inspira le mouvement de la Négritude. Léopold Sedar Senghor y écrivit.
Puis, elle devint attachée parlementaire de députés français noirs. Ensuite, en lien avec la SDN, elle partit en Afrique contrer la propagande italienne contre le Négus. A son retour fin 1939, son bateau fut coulé par un sous-marin allemand. Elle resta invalide des 2 jambes toute sa vie. De retour dans son île, elle donna des cours d'anglais aux volontaires pour partir se battre à Londres et s'occupa d’un mouvement pour le vote féminin. Cette amoureuse de chants et de danses, qui fréquenta à Paris assidument "le bal nègre" donna des cours de chant et anima une chorale de chants militants noirs. Elle ne cessa de répéter cette formule qui devint si célèbre :"Black is Beautiful"
Pourquoi trouver très important de célébrer la présence dans le passé d'une telle personne dans notre cité? Parce que tant de clamartois issus d'autres contrées, d'autres cultures, ont enfin dans notre ville, le droit de voir élever au niveau de célébrités clamartoises, un visage dans lequel ils peuvent s'identifier. C'est la tâche des amoureux de l'histoire de notre ville de faire qu'elle ne soit que la première. Car combien de personnes des deux sexes qui sont restées dans l'anonymat ont vécu ou sont passées dans notre ville mériteraient d'être mises en valeur: artistes, militants, suffragettes, syndicalistes, animateurs associatifs, élus qui n'ont eu que le tort d'être à leur époque, en marge ou opposants?
mardi 4 octobre 2016
Histoire de Clamart : unir ou diviser les Clamartois?
C'est vraiment la question qui se pose, après l'exposition du 15 au 25 septembre des "amis de Clamart" intitulée "Clamart en personnes," en fait une galerie de portraits de clamartois célèbres. Au premier abord, une manifestation bon enfant et récréative, l'occasion d'une première prise de contact avec l'histoire locale pour certains, et pour d'autres de faire le plein d'anecdotes pour ébahir les amis de passage. Cependant, ne nous trompons pas, l'histoire d'une ville, est un enjeu politique important. Et cette exposition programmée par l'adjoint à la culture, au tourisme et au patrimoine, met en avant une série de personnes politiques, artistiques ou médiatiques pour
en faire les symboles de la ville. Ce faisant, et c'est là où réside toute la manœuvre, elle exclut des pans entiers de l'histoire toute une population dont elle organise l'oubli et l'invisibilité et fait ainsi, en cette période de campagne présidentielle plaisir à un certain électorat. Rien sur le radical Ferdinand Picquart, le premier maire de gauche de la troisième république, qui, en 1905, se battit pour l'école laïque et l'aménagement des lotissements du haut. Rien sur Ernest de St Etienne, l'ouvrier communiste, maire durant le Front populaire, qui vint en aide aux chômeurs et nécessiteux. Par contre, les deux maires bonapartistes sont bien présents: Jean-Pierre Corby nommé en 1800 par le consul Bonaparte et Jules Hunebelle nommé en1856 par le neveu Louis Napoléon Bonaparte.
De plus, ce type d'exposition jette dans l'invisibilité, toute une série de personnes et de faits qui pourtant ont participé à l'histoire de la ville. Comment construire une identité qui unit toute notre communauté dans sa diversité, si l'on exclut de son histoire les luttes et les drames des lavandières et des carriers et la disette de dizaines d'ouvriers agricoles qui en 1793-94, n'avait plus de pain et de vin, victimes des accapareurs?
C.O
en faire les symboles de la ville. Ce faisant, et c'est là où réside toute la manœuvre, elle exclut des pans entiers de l'histoire toute une population dont elle organise l'oubli et l'invisibilité et fait ainsi, en cette période de campagne présidentielle plaisir à un certain électorat. Rien sur le radical Ferdinand Picquart, le premier maire de gauche de la troisième république, qui, en 1905, se battit pour l'école laïque et l'aménagement des lotissements du haut. Rien sur Ernest de St Etienne, l'ouvrier communiste, maire durant le Front populaire, qui vint en aide aux chômeurs et nécessiteux. Par contre, les deux maires bonapartistes sont bien présents: Jean-Pierre Corby nommé en 1800 par le consul Bonaparte et Jules Hunebelle nommé en1856 par le neveu Louis Napoléon Bonaparte.
De plus, ce type d'exposition jette dans l'invisibilité, toute une série de personnes et de faits qui pourtant ont participé à l'histoire de la ville. Comment construire une identité qui unit toute notre communauté dans sa diversité, si l'on exclut de son histoire les luttes et les drames des lavandières et des carriers et la disette de dizaines d'ouvriers agricoles qui en 1793-94, n'avait plus de pain et de vin, victimes des accapareurs?
C.O
jeudi 8 septembre 2016
Hunebelle, mémoire d'un haut lieu du vivre ensemble à Clamart.
Mémoire d'un haut lieu du vivre ensemble: la place Hunebelle et ses environs. Tous les clamartois y passent au moins une à plusieurs fois par an en ignorant tout de son histoire. Pourtant cet endroit, menacé aujourd'hui, a contribué à la renommée et au développement matériel et culturel de la ville. Cela commence à l'époque de la révolution française. Clamart retrouve le plein exercice de ses prérogatives communales, qu'elle avait perdues pour passer vers 1660 sous la juridiction de Meudon. Cette évolution se fait sentir dans le changement de nom: « Clamart sous Meudon » devint « Clamart le vignoble ». Un des combats importants des municipalités de l'époque fut de retrouver la maîtrise de l’aménagement de son territoire. Ce ne fut pas un combat facile. Une grande partie du territoire, le bois, mais aussi les champs communaux avaient été enfermés par un mur et annexés à une chasse royale qui s'étendait vers Versailles. En 1794, après plus d'une année de procédure, une parcelle dans un angle tout proche du village fut déboisée et on y déplaça le cimetière paroissial qui entourait l'église St Pierre St Paul. À la même époque, Clamart se débattait pour sa subsistance et son ravitaillement en blé contre les pénuries et la disette, mais c'est une autre histoire. Longtemps Clamart évoqua pour les Parisiens un lieu de déchéance, un cimetière de leur ville dépendant de l'hôtel Dieu où l'on enterrait tous les suppliciés. Seuls quelques riches avaient fait du village un lieu de villégiature. Tout change à partir de 1840, avec le chemin de fer. La notoriété de Clamart vint avec l'arrivée des parisiens dans notre forêt, facilitée par la proximité de la gare, première station depuis Paris. Tous les week-ends, les citadins à la recherche de plein air, de nature et de détente affluèrent. C'est la ruée vers le bois. Les uns grimpaient par les sentiers de la côte des moulins vers la porte de Clamart, l'actuelle place des gardes. Les autres allaient par un chemin plat, en droite ligne arrivant par une rue nouvellement percée. Cet accés tout proche du bourg fut progressivement aménagé. Vers 1870, une brèche fut percée dans le mur qui avait entouré la forêt, longtemps chasse royale. Avec la très rapide augmentation démographique, le cimetière de 1794 devint trop petit et à partir de 1869, il fut déplacé au Bois Tardieu. Cette décision libéra donc un espace qui devint une place qui finissait à l'entrée du bois : l'actuelle place Hunebelle . Elle se transforma vite en lieu de réjouissance, de déjeuner sur l'herbe, de rencontres, avec alentour, bars, guinguettes,et bals. Certains s'y installèrent, et devinrent des clamartois aussi attachés à l'esprit de clocher que les plus anciens. À cette époque donc, l'accueil massif d'étrangers à la commune, contribua à la prospérité de la ville naissante Rapidement, vers la fin du XIX°, la place devint importante pour la vie sociale de Clamart. Très vite, elle devint un lieu investi par les projets et les initiatives des clamartois comme la fête locale fin juin-début juillet. Des festivités locales y réunissaient une population éclatée en quartiers distants et en classes sociales opposées. Les fonctionnaires et employés souvent locataires de maisons de rapport près de la gare y côtoyaient les propriétaires des maisons cossues, les habitants de lotissements comme au petit Clamart, les exploitants des nombreux champs, prés, potagers, ou pépiniéristes et les ouvrier-e-s agricoles, carriers ou blanchisseurs. Le groupe soudé des villageois qui faisait souche depuis des siècles doit cohabiter avec une foule de plus en plus grande, venue d'ailleurs. Alfred Rastoul commente ainsi : « On peut donc dire que notre commune, à l'orée du XX° siècle, a perdu son unité ethnique à mesure que sa population augmentait". Clamart a donc déjà dans son passé surmonté les tensions d'une cohabitation avec une population différente. Ce lieu resta indemne des opérations immobilières qui sévissaient dans tous les coins de la commune. Tout au cours du XX° siècle, c'est surtout par la culture et l'éducation qu'elle continua à être un lien social important. Dés 1941 sur un terrain contiguë fut inauguré un stade scolaire transformé après la guerre en stade municipal, puis autour de la place, le conservatoire, une nouvelle maison des sports et enfin la salle des fêtes, au début du XXI° siècle. Pour parler d'aujourd'hui, l'historien citoyen s’efface et laisse la place au seul citoyen, interloqué par l'évolution que pourrait subir cet endroit. Pour remplacer une piste sportive usée par trente anées d'activité, le stade aérien serait détruit et laisserait la place, outre le terrain de rugby en extérieur, à un stade d’athlétisme en salle semi enterré, qui servirait à des compétitions de haut niveau en liaison avec la fédération française d’athlétisme. En dessous, trois étages constituant un véritable centre commercial souterrain de loisirs et de sport, avec bowling, centre de remise en forme et un parking géant de 400 places. Dans les gradins, un restaurant « panoramique ». Qu'est-ce qui dans ce projet apporterait de plus comme lien social pour l'ensemble de la commune ? Nos édiles sur ce point sont muets, et en escomptent une plus grande notoriété pour la ville et oublient, ce lieu le rapelle pourtant, que celle-ci vient d'abord de l'action des concitoyens. Ils restent hermétiques aux protestations des citoyens. Eux pourtant ont bien compris les conséquences. Un tel projet en y imposant un bunker profond de 20m, réelle menaçe pour l'équilibre hydrologique, casserait le lien ancestral symbolique mais aussi réel de ce lieu avec sa forêt. Cet endroit qui avait échappé aux promoteurs de lotissements ou d'immeubles de rapports au siècle dernier redeviendrait un terrain de chasse, mais pour affairistes, cette fois-ci. C. O.
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